Burkina Faso : détournement de dizaines de milliards par des agents publics

Burkina: la présidence de la République épinglée dans un rapport sur la corruption

Classé parmi les pays les plus pauvres, le Burkina Faso a amorcé sa reconstruction après une révolution qui a fait s'effondrer le régime du président Blaise Compaoré demeuré au pouvoir pendant 27 ans.

Menée par l'Autorité supérieure de contrôle d'Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) et ses collaborateurs, l'enquête est le fruit de nombreux audits et investigations dans 28 établissements. Vingt-huit entités ont fait l'objet d'investigations et l'audit des lotissements à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. "A ce niveau, la somme des malversations s'élève à 31 milliards, 144 millions de F CFA environ".

L'Autorité supérieure de contrôle d'Etat et de la lutte contre la corruption (ASCE/LC), a présenté son rapport 2015, le 29 mai 2017, au Président du Faso, Roch Kaboré, apprend-on de la Direction de la Communication de la Présidence du Faso. D'ailleurs, parmi les structures épinglées par l'ASCE-LC et les inspections techniques des services de l'Etat, figure la Présidence du Faso, pourtant censée montrer l'exemple en matière de bonne gestion et de gouvernance sobre et vertueuse.

"On ne peut pas être à la Présidence du Faso et ne pas avoir une comptabilité en bonne et due forme", s'indigne le contrôleur général.
"Vous ne pouvez pas non plus donner la gestion des comptes de dépôts à des personnes qui ne sont pas des comptables", regrette Luc Marius Ibriga, le contrôleur général d'État.

"Vous ne pouvez pas, indique-t-il, être à la présidence du Faso et faire travailler des prestataires sans contrats".

Ce n'est pas la première fois que la ASCE-LC pointe les entités étatiques dans leur gestion des finances.

"Nous sommes au regret de constater qu'il y a des dossiers introduits depuis 2009 qui, jusqu'à ce jour, sont en cours d'instruction ", a conclu M. Luc Ibriga au terme de son entretien. "Il y a une certaine lenteur au niveau du traitement des dossiers, eu égard au fait que les dossiers de crimes économiques ne sont pas prioritaires dans leur traitement au niveau de la Justice", a-t-il expliqué.

En guise de recommandations, le rapport souligne que le système de gestion financière est à améliorer, parce que "très procédurier".

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